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Vingt heures.
Nous sommes arrivés sans encombre ou presque à la première étape de notre voyage. Quelques bandits à signaler à cinq lieues au sud de la croisée des chemins – ils se tiennent tout de même à distance de Béregost. Arrivés en ville, vers dix-huit heures, nous avons été abordés par un jeune barde, qui souhaitait nous engager comme mercenaires. Comme le travail avait l'air honnête et bien payé, et qu'il était de courte durée, nous avons accepté. Mais je demandai à Imoen de rester sur ses gardes, une complication est toujours à prévoir, dans ce genre de boulot. La femme qui nous avait engagés par l'intermédiaire du barde était nommée Silke, et elle crut bon, en me voyant, d'augmenter notre salaire. Il apparut vite cependant que les prétendus voyous qui étaient censés l'agresser n'avaient rien de voyous, et semblèrent étonnés par l'hostilité de Silke. Quand Silke comprit que nous ne tuerions pas d'innocents, elle vit rouge et nous attaqua. Elle avait entamé un sort quand la dague d'Imoen, qui était restée discrète pendant tout ce temps, l'interrompit avec tact. L'épée de Khalid fit le reste. Triste qu'il y ait des personnes pour semer ainsi la violence. Son bâton soigneusement ouvragé est parfaitement équilibré, et Jaheira a déclaré qu’il lui plaisait beaucoup. Les faux voyous se sont montrés reconnaissants, et nous ont donné une potion d’invulnérabilité temporaire, que j’ai confiée à Jaheira.
Nous cherchions l'auberge de Feldpost, car c'est une auberge réputée pour sa riche clientèle, et qui dit riche clientèle dit peut-être travail intéressant. Mais à peine entrés, nous avons failli nous faire jeter dehors par un homme nommé Marl, qui a les aventuriers en horreur. J'ai passé cinq minutes à parler avec lui et à le calmer. D'après ce que j'ai compris, son fils, une tête brûlée, s'était laissé embarquer dans une bande d'aventuriers et mourut très peu de temps après. Pauvre Marl. Qu’Ilmater prenne sa souffrance sous son aile consolatrice.
Il apparaît qu'il n'y a rien d'intéressant ici. Une clientèle snob et bougonne, des prix prohibitifs… Bah, de toutes manières, on continue vers le sud dès demain. Il paraît qu'il y a une forge de qualité en ville. Mais au train où vont nos finances, et au prix où est le fer, ça ne sert pas à grand-chose d'y aller maintenant.
Ils sont tous montés se coucher, et je reste un peu seul près de la cheminée ; j’ai un peu de cafard… je pense à Gorion.
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